Être victime d’une arnaque en ligne est une situation stressante, mais vous n’êtes pas seul et des solutions existent. En France, plus de 280 000 personnes ont été assistées par Cybermalveillance.gouv.fr en 2024 (source : rapport d’activité Cybermalveillance.gouv.fr, mars 2025). Ce guide vous donne les étapes concrètes à suivre, dans le bon ordre, pour limiter les dégâts et obtenir de l’aide.
La première chose à savoir : il n’y a aucune honte à avoir été arnaqué. Les escrocs en ligne sont des professionnels qui utilisent des techniques de manipulation psychologique perfectionnées. Des médecins, des avocats, des informaticiens se font piéger. Selon l’OCLCTIC (Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies), l’arnaque en ligne touche toutes les catégories socioprofessionnelles, avec un préjudice moyen de 6 200 euros chez les plus de 60 ans en 2024 (source : rapport OCLCTIC 2024).
Ce qui compte maintenant, c’est d’agir vite et méthodiquement.
Les premières heures : les urgences
Étape 1 : Contactez votre banque immédiatement
C’est la priorité absolue si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires ou effectué un paiement.
Que dire à votre banque :
- Expliquez que vous avez été victime d’une arnaque en ligne
- Donnez la date et le montant du ou des paiements frauduleux
- Demandez la mise en opposition de votre carte si les escrocs ont votre numéro de carte
- Demandez une procédure de contestation (chargeback) pour les paiements par carte
Numéros utiles :
- Le numéro est au dos de votre carte bancaire
- Le serveur interbancaire d’opposition est accessible 24h/24 au 0 892 705 705 (0,34 €/min) si vous ne trouvez pas le numéro de votre banque
Délais importants : Selon le Code monétaire et financier (article L133-24), vous disposez de 13 mois pour contester un paiement frauduleux par carte bancaire auprès de votre banque. Mais plus vous agissez vite, meilleures sont vos chances. Les demandes faites dans les 48 premières heures ont le taux d’aboutissement le plus élevé (source : Fédération bancaire française, rapport 2024).
Témoignage : Marguerite, 74 ans, Grenoble, janvier 2026 : “J’ai appelé ma banque le jour même où je me suis rendu compte de l’arnaque. Ils ont bloqué ma carte et lancé une contestation. J’ai été remboursée de 280 € sur les 350 € prélevés en trois semaines.” (source : Cybermalveillance.gouv.fr, témoignages anonymisés)
Étape 2 : Changez vos mots de passe
Si vous avez communiqué des identifiants (email, mot de passe) aux escrocs, changez immédiatement les mots de passe des comptes concernés.
Par ordre de priorité :
- Votre messagerie email : c’est la clé de tous vos autres comptes (les liens “mot de passe oublié” sont envoyés par email)
- Votre banque en ligne
- Votre espace Ameli
- Vos réseaux sociaux (Facebook, etc.)
- Tous les comptes où vous utilisiez le même mot de passe
Comment procéder en sécurité : Changez vos mots de passe depuis un autre appareil que celui qui a été compromis (utilisez le téléphone d’un proche ou une tablette, par exemple). Si vous n’avez qu’un seul appareil, déconnectez-le d’internet, désinstallez tout logiciel suspect, puis reconnectez-le pour changer vos mots de passe.
Étape 3 : Conservez toutes les preuves
Avant de supprimer quoi que ce soit, gardez des traces de l’arnaque. Ces preuves seront indispensables pour la plainte et le remboursement.
Ce qu’il faut conserver :
- Les emails ou SMS reçus (faites des captures d’écran)
- L’adresse du site frauduleux (l’URL dans la barre de votre navigateur)
- Le numéro de téléphone du faux technicien ou de l’escroc
- Les relevés bancaires montrant les paiements
- Les échanges de messages (WhatsApp, Messenger, etc.)
- Le nom ou pseudo utilisé par l’escroc
- Toute référence de transaction ou de commande
Comment faire une capture d’écran :
- Sur PC Windows : appuyez sur la touche “Impr. écran” puis collez dans Paint ou Word
- Sur Mac : appuyez sur Cmd + Shift + 3
- Sur iPhone/iPad : appuyez simultanément sur le bouton latéral et le bouton de volume haut
- Sur Android : appuyez simultanément sur le bouton d’alimentation et le bouton de volume bas
Les jours suivants : plainte et signalements
Étape 4 : Déposez plainte
La plainte est importante pour plusieurs raisons :
- Elle ouvre une enquête judiciaire
- Elle facilite la procédure de remboursement auprès de votre banque (la banque peut demander un récépissé de plainte)
- Elle alimente les statistiques qui permettent aux autorités de mieux lutter contre les arnaques
Trois options pour déposer plainte :
Option 1 : Au commissariat ou en gendarmerie Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix avec vos preuves (captures d’écran, relevés bancaires). Vous pouvez demander à être accompagné par un proche.
Option 2 : Pré-plainte en ligne
Sur pre-plainte-en-ligne.gouv.fr, vous pouvez enregistrer votre déclaration en ligne. Vous recevrez ensuite un rendez-vous pour signer votre plainte au commissariat ou en gendarmerie, ce qui évite l’attente.
Option 3 : Par courrier au procureur de la République Vous pouvez adresser un courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile. Le courrier doit décrire les faits, les dates et joindre les preuves.
Témoignage : Jean-Claude, 68 ans, Nice, décembre 2025 : “J’ai utilisé la pré-plainte en ligne. J’ai pu tout décrire tranquillement chez moi avec l’aide de ma fille. Ensuite, au commissariat, ça a été rapide car tout était déjà préparé.” (source : forum 60 Millions de Consommateurs)
Étape 5 : Signalez l’arnaque sur les plateformes officielles
Le signalement est distinct de la plainte. Il permet aux autorités de bloquer les numéros, fermer les sites et alerter d’autres victimes potentielles.
Cybermalveillance.gouv.fr C’est la plateforme gouvernementale d’assistance. Elle propose :
- Un diagnostic en ligne qui identifie le type d’arnaque dont vous avez été victime
- Des conseils personnalisés en fonction de votre situation
- Une mise en relation avec des professionnels de proximité si vous avez besoin d’aide technique (pour nettoyer votre ordinateur, par exemple)
Pharos (internet-signalement.gouv.fr) Cette plateforme permet de signaler les contenus illicites sur internet : faux sites, escroqueries, messages frauduleux. Les signalements sont traités par des enquêteurs spécialisés de la police judiciaire.
Signal-arnaques.com Ce site communautaire permet de partager votre expérience et de consulter les signalements d’autres victimes. C’est utile pour s’informer et alerter les autres.
33700 Si l’arnaque a commencé par un SMS, transférez le message au 33700 (gratuit) pour signaler le numéro de l’expéditeur.
Étape 6 : Signalez à la DGCCRF si vous avez acheté un produit ou service
Si vous avez été victime d’un faux site marchand ou d’un vendeur malhonnête, signalez-le à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes :
- En ligne sur
signal.conso.gouv.fr - Par téléphone au 0 809 540 550 (prix d’un appel local)
La DGCCRF peut engager des poursuites contre les sites frauduleux et imposer des sanctions.
L’accompagnement : vous n’êtes pas seul
Info Escroqueries : le numéro de référence
Le 0 805 805 817 est le numéro national d’aide aux victimes d’escroqueries. L’appel est gratuit et le service est disponible du lundi au vendredi de 9h à 18h30.
Les conseillers peuvent :
- Vous aider à identifier le type d’arnaque
- Vous guider dans les démarches (plainte, signalement, remboursement)
- Vous orienter vers les bons interlocuteurs
France Victimes : soutien psychologique et juridique
Le 116 006 est le numéro de France Victimes, accessible 7 jours sur 7. L’appel est gratuit. Cette association offre :
- Un soutien psychologique (être arnaqué peut être traumatisant)
- Une aide juridique (comprendre vos droits, vous accompagner dans la plainte)
- Une orientation vers les associations locales d’aide aux victimes
Selon France Victimes, 42 % des victimes d’arnaques ressentent un sentiment de honte qui les empêche de demander de l’aide (source : rapport d’activité France Victimes, 2024). Cette honte est injustifiée : les escrocs sont des professionnels de la manipulation.
Les associations locales
De nombreuses associations proposent des permanences gratuites pour accompagner les victimes :
- Les Petits Frères des Pauvres : accompagnement des personnes âgées isolées, y compris sur les problématiques numériques
- ALMA France (Allô Maltraitance Personnes Âgées) : 3977 (gratuit)
- Les Points Justice : permanences juridiques gratuites, consultez
justice.frpour trouver celui près de chez vous
Le remboursement : quelles sont vos chances ?
Paiement par carte bancaire
La procédure de contestation (chargeback) est votre meilleur recours. Votre banque contacte la banque du bénéficiaire pour demander le remboursement.
Conditions favorables :
- Vous avez signalé rapidement (dans les 48 heures est optimal)
- Vous avez déposé plainte
- Le paiement est traçable (carte bancaire, virement SEPA)
Conditions défavorables :
- Paiement par carte prépayée (PCS, Neosurf) : quasi impossible à tracer
- Paiement en cryptomonnaies : irrécupérable dans la grande majorité des cas
- Virement hors zone SEPA : très difficile à contester
Selon la Banque de France, 62 % des contestations pour fraude à la carte bancaire aboutissent à un remboursement total ou partiel (source : rapport annuel Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, 2024).
Témoignage nuancé : Annette, 71 ans, Strasbourg, février 2026 : “Ma banque a refusé le remboursement au début en disant que j’avais donné mon accord au paiement. J’ai insisté avec le récépissé de plainte et une lettre recommandée. Ils ont fini par rembourser au bout de deux mois, mais ça a demandé de la persévérance.” (source : forum UFC-Que Choisir)
Paiement par virement bancaire
Si vous avez effectué un virement, contactez votre banque immédiatement. Si le virement n’a pas encore été exécuté (il y a un délai de quelques heures), il peut parfois être annulé. Une fois le virement exécuté, la récupération est plus difficile mais pas impossible si vous agissez vite.
Paiement par carte prépayée ou coupon
Les paiements par cartes PCS, Neosurf, coupons Apple ou Google Play sont malheureusement très difficiles à tracer et à récupérer. C’est précisément pour cette raison que les escrocs les privilégient. Signalez tout de même à la plateforme concernée et déposez plainte.
Après l’arnaque : se protéger pour l’avenir
Surveillez vos comptes pendant plusieurs mois
Les escrocs peuvent utiliser vos données volées des semaines ou des mois plus tard. Vérifiez régulièrement :
- Vos relevés bancaires (au moins une fois par semaine pendant 3 mois)
- Votre boîte email (tentatives de connexion suspectes)
- Votre espace Ameli et vos impôts
Méfiez-vous des “arnaques au remboursement”
Après une première arnaque, certains escrocs vous recontactent en se faisant passer pour un service de remboursement, un avocat ou une association qui prétend pouvoir récupérer votre argent moyennant des frais. C’est une deuxième arnaque.
La règle : aucun service légitime ne vous demandera de payer des frais pour vous rembourser une arnaque. Les services publics (Cybermalveillance, France Victimes, Info Escroqueries) sont gratuits.
Selon Cybermalveillance.gouv.fr, 8 % des victimes d’arnaques en ligne sont recontactées pour une seconde escroquerie de type “faux remboursement” (source : rapport Cybermalveillance.gouv.fr 2024).
Renforcez votre sécurité numérique
- Changez vos mots de passe et utilisez un mot de passe différent pour chaque compte important
- Activez la double authentification sur votre email et votre banque en ligne
- Installez un bloqueur de publicités (uBlock Origin, gratuit) sur votre navigateur
- Gardez vos appareils à jour (mises à jour automatiques de Windows, Android, iOS)
- Inscrivez-vous sur Bloctel (bloctel.gouv.fr) pour limiter le démarchage téléphonique
Tableau récapitulatif des contacts utiles
| Organisme | Contact | Horaires | Usage |
|---|---|---|---|
| Votre banque | Numéro au dos de votre carte | 24h/24 pour l’opposition | Opposition carte, contestation |
| Info Escroqueries | 0 805 805 817 (gratuit) | Lun-ven 9h-18h30 | Conseils et orientation |
| France Victimes | 116 006 (gratuit) | 7j/7 | Soutien psy et juridique |
| Cybermalveillance | cybermalveillance.gouv.fr | 24h/24 en ligne | Diagnostic et assistance |
| Pharos | internet-signalement.gouv.fr | 24h/24 en ligne | Signaler un site/contenu |
| DGCCRF | 0 809 540 550 | Lun-ven 8h30-19h | Signaler un faux vendeur |
| 33700 | SMS au 33700 | 24h/24 | Signaler un SMS frauduleux |
| Pré-plainte | pre-plainte-en-ligne.gouv.fr | 24h/24 en ligne | Préparer votre plainte |
| ALMA | 3977 (gratuit) | Lun-ven 9h-19h | Maltraitance personnes âgées |
Un mot pour les proches
Si un membre de votre famille a été victime d’une arnaque en ligne, voici les choses les plus importantes que vous pouvez faire :
-
Ne le culpabilisez pas. Les phrases comme “comment tu as pu tomber dans le panneau” sont destructrices. Les escrocs sont des professionnels qui ciblent les émotions.
-
Aidez-le dans les démarches. L’opposition bancaire, la plainte, les signalements peuvent sembler complexes. Votre présence facilite tout.
-
Écoutez-le. Le sentiment de honte et de trahison après une arnaque peut être profond. Selon France Victimes, 28 % des victimes d’arnaques développent des symptômes d’anxiété durable (source : rapport France Victimes 2024).
-
Sécurisez ses comptes en l’aidant à changer ses mots de passe et à activer la double authentification.
-
Restez vigilant dans les semaines suivantes face aux éventuelles tentatives de re-arnaque (“faux remboursement”).
Conclusion : agir vite, signaler, se faire aider
Être victime d’une arnaque en ligne n’est ni une fatalité ni une honte. Avec les bonnes démarches, vous pouvez limiter les pertes, parfois récupérer votre argent, et dans tous les cas contribuer à empêcher d’autres personnes de tomber dans le même piège.
Les trois réflexes essentiels :
- Banque : appelez immédiatement pour bloquer et contester
- Plainte : déposez plainte avec vos preuves
- Aide : contactez Cybermalveillance.gouv.fr ou Info Escroqueries (0 805 805 817)
Vous n’êtes pas seul. Des services gratuits existent pour vous accompagner à chaque étape.
Note éditoriale
Sources consultées : Rapport d’activité Cybermalveillance.gouv.fr 2024 (publié mars 2025), rapport OCLCTIC 2024, rapport annuel Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France, 2024), Fédération bancaire française (rapport 2024), rapport d’activité France Victimes 2024, Code monétaire et financier (article L133-24), forum UFC-Que Choisir, forum 60 Millions de Consommateurs.
Limites de ce guide : Les procédures de remboursement et les délais varient selon les banques et les moyens de paiement utilisés. Les statistiques de remboursement sont des moyennes et ne garantissent pas un résultat individuel. Les coordonnées et horaires des services d’aide peuvent évoluer. Ce guide ne remplace pas les conseils d’un avocat pour les situations juridiques complexes.
Date de vérification : 26 mars 2026
Conflits d’intérêt : aucun
Questions fréquentes
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Contactez immédiatement votre banque pour signaler les paiements frauduleux et faire opposition si nécessaire. Le numéro est au dos de votre carte bancaire. Plus vous agissez vite, plus vous avez de chances de récupérer votre argent.
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Oui, dans certains cas. Si vous avez payé par carte bancaire, votre banque peut initier une procédure de contestation (chargeback). Selon la Fédération bancaire française, les demandes faites dans les 13 mois suivant le paiement ont les meilleures chances d'aboutir. Le remboursement n'est pas garanti mais les chances sont réelles.
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Oui, c'est fortement recommandé. La plainte permet d'ouvrir une enquête et peut faciliter le remboursement par votre banque. Vous pouvez déposer plainte au commissariat, en gendarmerie ou en ligne sur pre-plainte-en-ligne.gouv.fr. Conservez toutes les preuves (emails, SMS, relevés bancaires).
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Cybermalveillance.gouv.fr propose un diagnostic gratuit et une mise en relation avec des professionnels. Info Escroqueries (0 805 805 817, gratuit) vous conseille par téléphone. France Victimes (116 006, gratuit) offre un soutien psychologique et juridique.
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Ne répondez pas et ne payez rien de plus. Les menaces de poursuites judiciaires, de publication de données ou d'amendes sont fausses. Bloquez le numéro ou l'adresse email. Signalez les menaces aux forces de l'ordre en ajoutant ces éléments à votre plainte initiale.